Chroniques en Vrac

Pour partager mes préférences musicales sous forme de chroniques semi-hebdomadaires, de coups de coeur en coups de gueule ; un intérêt certes limité, mais qui pourrait peut-être se révéler utile, à vous comme à moi.

24 novembre 2007

Cocoon - My Friends All Died in a Plane Crash

cocouilleLe risque de recevoir des mails indignés, des visites de fan outrés qu'une petite saloperie de pseudo-chroniqueur cherche à faire tomber les têtes de toute la hype clermontoise, va grimper d'un autre échelon. Comme si j'avais une haine cordiale envers certaines personnes particulièrement. Après la critique des Elderberries fin mars dernier dont la sentence fut de n'être qu'un nabot aigri et jaloux (quelle sanktion !), j'ai l'occasion de parler un peu d'un autre groupe auvergnat qui vient de sortir un album après deux EP. Etant donné la saveur de l'information, je ne pouvais manquer d'en parler ici. Cocoon sort son premier album et devient le centre de mes attentions.

Cocoon est un duo clermontois composé de Marc Daumail (enfin Mark pour les fans, comme Lanegan) et de Morganne Imbeaud, réunis dans le projet de placer nos petits coeurs plein d'amour dans un espace cotonneux, tout doux, tout gentil et parfumé aux fraises tagada : bref, un paradis de poche, un univers merveilleux où vous pouvez embrasser les chatons comme sur une carte postale. Après tout, c'est cro mignon!!!!!!!! hihihi. Et dans cette optique, Cocoon fait carton plein.
La pochette de My Friends All Died in a Plane Crash, résolument du style messenger, vous ajoute en contact meetic en vous flashant de plein fouet. De ce côté, clair qu'on a misé à fond la carte de la nouvelle vague d'indie pop-folk, cette tendance musicale en pleine explosion qui décline des milliers d'albums dont les pochettes semblent toutes signées du même artiste - renforçant malgré eux les stéréotypes. Vous savez, ces trucs envelopés d'art "naïf" qu'on trouve régulièrement à la Fnac sans savoir comment ni pourquoi. Le titre de l'album fait quant à lui appel à toute la force de la plume de son auteur, faisant office de certificat de bon goût. Comme une amère la sucrerie. Ne vous y trompez pas. Les autres estampilles hype jugées classes ne sont pas loin. Parler d'amis morts dans un crash aérien apporte le crédit d'une rédaction originale comme une phrase formée de "merde" et "amour" ? c'est là la garantie d'un songwriting éclairé ? je suppose que cette vérité est quasi-biblique pour les jeans slim, aussi passeré-je mon chemin sur ce terrain où règnent en maître les lunettes carrées D&G et les iPod Nano.
Avant de passer au matériel musical, un peu d'histoire. Le groupe été à l'origine composé de deux gratteux, puis a changé avec le départ de l'un et l'apparition de l'autre, la claviériste actuelle au profil impressionant, formant le groupe qu'on a l'honneur de retrouver en single de la semaine sur iTunes. Après avoir été repérés au festival de Bourges, l'ancien guitariste arrêtant le projet, sa place est cédée à cette demoiselle déjà expérimentée en matière de musique, et quelques relations pour enregistrer chez Sofiane Prod (à qui nous devons nos glorieux Elderberries). Dès lors, les concert s'enchaînent, retransmis sur Clermont 1ère, avec interview vérité à la clef (avec tous les effets de caméra possibles pour la stylistique). Aujourd'hui, ils sont susceptibles d'être très bientôt chroniqués dans le Grand Journal comme le furent We're From Barcelona, dans un registre plus gai (moins gay ?) et plus entraînant, collectif navrant de poppisme fashion. Quel style ont adopté nos frenchies ?
Le pop/folk basique. Cocoon est un duo mais se limite probablement au chanteur : soit un fan d'Elliott Smith lonerisé dont les compos se limitent aux chansons lambda qui passent à la radio et font rêver les minettes de 13 ans qui ont marre de Mademoiselle Key. Ayant recommandé Neil Young à ce type (qui le citera en référence quelques temps plus tard sur la chaîne locale), je me sens coupable de quelque chose, comme si Harvest et After the Goldrush n'avaient que trop tourné aux dépends du reste de la discograhie.
Le résultat n'est pourtant pas mauvais : il est d'une platitude parfaite, ne suscite aucune émotion. Le public ciblé retiendra le nom quelques temps avant que le phénomène ne s'étouffe. Toi qui préfères encore la torture des Bastard Fairies, préfère encore le modèle original - RIP Smith - plutôt qu'un plagiat harmoniesque ;  "colle tes oreilles" ou mieux, va écouter de la bonne pop indie folk si ça existe aujourd'hui. L'avion s'est écrasé : cause possible, cet album ne fait que trop de vent. Paradoxalement, ce vent aurait pu être froid, chaud, agréable comme une douce brise ou terrible comme une bourrasque ; or, il s'agit d'un vent du quotidien, celui qui nous laisse indifférent et décoiffe à peine les émoboys de leur mèche sur le devant. On évite quand même le pire, au moins on ne s'évertue pas à la pétomanie en visant l'oreille - exercice auquel certains sont rompus.

Daumail est pourtant capable de mieux et sait aussi reconnaître quand il y a de la facilité. Leader loin d'être stupide, menant bien sa barque depuis le départ, il soigne son image de bisounours à la voix fluette pour arriver plus haut. Cet album représente une première marche. Reste à savoir s'il aura toujours aussi mauvais goût.

(Don't) listen to Cocoon ?

Note générale : 06/20

*** Si vous aimez, essayez... ***

  Elliott Smith - Either/Or
Neil Young - Chrome Dreams II

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29 juillet 2007

Keiji Haino - Konokehai Fujirareteru Hajimarini (Global Ancient Atmosphere)

8021Cela fait toujours un petit pincement au cœur de constater que malgré toute la passion qu’on peut vouer à un artiste, il peut lui arriver de créer des choses moyennes voire complètement inutiles sur un simple coup de tête. Par exemple, je ne pensais pas que Keiji Haino puisse faire quelque chose d’aussi inattendu qu’enregistrer son propre album solo de batterie, malgré son habitude de multi instrumentiste qui le conduit fatalement à se produire comme batteur. Haino à la batterie, moi ça me faisait rêver, qu’allait-il bien pouvoir faire le bougre.

Le résultat s’appelle Global Ancient Atmosphere, sorti en 2005 et sur quel label ? PSF, on commence à prendre l’automatisme. L’album est composé de neuf pistes du même nom : A Warning and a Request, numérotées de 1 à 9.
Il s’agirait vaguement d’un version live de Moby Dick sans roulements, ni breaks de taré ou plans rythmés qui réveillent vos envies de taper sur des bidons. Moins de groove, juste des claquements et des plans répétitifs et décalés, quand ce ne sont pas juste des coups de caisse claire joués comme des notes rondes. On reconnaît sans peine la démarche de Haino, mais avouons-le, sur batterie ça ne fonctionne pas.
Je suppose que cet avis est purement objectif et que certains aimeront bien cette galette sans saveur ; pourtant, on peut prouver que ce concept est voué à l’échec. Tout d’abord parce qu’un album solo de batterie est d’abord destiné aux batteurs, qui peuvent décomposer les sons en rythmes et voir Haino jouer dans leur tête sans imaginer rien de bien exceptionnel. D’un autre côté, ceux qui ne jouent pas de percussions et adorent les expériences guitaristiques de Haino auront, j’en suis certain, beaucoup de mal à apprécier ce genre d’expression – et j’imagine bien certains prétendre le contraire alors qu’ils sont assommés lorsqu’un solo de batterie trop long est bousé en plein milieu d’un concert.

Que reste-t-il alors ? Le son. La sensation. Et personnellement, entendre de faibles variations de timbres en variant la tension de la peau ne suffit pas à m’impressionner. Je dois même avouer quelque chose, je pratique aussi ce genre de jeu à tort et à travers (ce qui ne m’a pas vraiment ouvert des portes pour jouer en groupe), mais sans aller jusqu’à frapper un coup sec sur ma caisse claire et m’arrêter comme si, eurêka, j’avais trouvé un son neuf au feeling parfait.

Les structures rythmiques des différents plans sont donc intéressantes si l’on considère cela comme quelque chose de nouveau, mais les morceaux s’essoufflent vite devant la monotonie du projet. Pour ma part, cet album est juste un caprice que Haino s’est payé le luxe de s’offrir.

A écouter une fois pour l’expérience, pas davantage.

SHUT THE F**** UP AND GIMME THAT SHIT => DOWNLOAD

Note générale : 09/20

*** Si vous aimez, essayez... ***

... de m'écouter en solo aussi

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30 mars 2007

Nothing Ventured Nothing Gained

pieceofcrapAu risque de passer pour un méchant élitiste aux yeux des fans en période pré-pubère, je préfère annoncer, je vais déverser ma bile. Parce qu'enfin je vais pouvoir donner mon avis sur ce groupe clermontois qui a su profiter à la fois de la tendance 70s actuelle ainsi que du statut d'un de ses membres pour percer dans le monde de la variété. Après avoir attendu que la fine équipe sorte son premier album et surtout qu'on en parle dans les médias, je prends donc finalement ma petite plume acérée destinée spécialement à ces sous-groupes type Naast qui polluent l'atmosphère culturelle. Ceux qui n'aiment pas les boulets rouges peuvent sortir (ça tire de partout et dans tous les sens, vous voilà prévenus). Explicit lyrics ! Le contenu de cette chronique peut choquer les plus jeunes lecteurs. Rock 'n roll.

Il était une fois The Elderberries. Une bande de jeunes garçons au passé légendaire décide de monter un groupe à Clermont-Ferrand. Comme tout lycéen amateur de rock, nos jeunes skaters ont une préférence marquée pour Led Zeppelin, Pink Folyd et consorts, dont ils arborent souvent les tee-shirts. Il manque alors au projet un batteur, trouvé rapidement en la personne de Yann, petit ami de Morgane aka la fille du duo Cocoon (folk), et accessoirement fils à maman, laquelle s'occupe d'une boîte de production (qui produit Cocoon, ça va de soi). Le hasard fait bien les choses puisqu'ils trouvent immédiatement des premières dates intéressantes après l'enregistrement et la production hâtive de leur single (et quelques bons coups de piston bien placés). Ils créent leur site web où tous les copains copines du collège peuvent exercer leurs talents prosélytistes à propos des jeunes prodiges, dont le pouvoir de sucrer toute critique négative (ou même modérée) est employé sans concession sur le livre d'or. Dès lors, tout va pour le mieux, de bons échos dans le hall des lycées répandent la nouvelle d'une première partie des Datsuns et même un concert à l'Elysée Montmartre ! Wahou trop cool les kids.
Jusque là, peu de choses à reprocher : c'est vrai, même s'ils se la pétaient un chouilla, cela demeurait assez fun pour tout un chacun de relever les indices tendant à montrer une bien joyeuse bande d'assistés. Enfin, tout le monde a le droit de s'amuser un peu...
Seulement, quand l'amateurisme ringard prend le pas sur la recherche et le talent, et que l'entreprise devient lucrative, on peut lâcher les loups et sortir quelques critiques mordantes. Car c'est la semaine dernière que tout s'est accéléré derechef : chroniqués chez Ruquier (arf!) comme étant de la bonne musique rafraîchissante, voilà-t-y pas qu'on les retrouve en B.O. du prochain film français pour ados, Hellphone, bouse sans nom mêlant les ingrédients subtils d'un American Pie à l'histoire originale d'un téléphone portable possédé par des forces étranges (Salomone est tombé bien bas). Vous noterez la présence d'un making of sur youtube ou encore le tee shirt du jeune héros skater sur le trailer.
Quel joli coup marketing pour les Clermontois ! Mais alors donc, quelle musique proposent-ils ?

Allons voir la page myspace. Cliquez sur stop avant de vous énerver. Qu'observe-t-on ?

On nous parle d'ovni international multiculturel sur leur myspace (si, si, ils ont osé ! partez pas tout de suite c'est un vrai sketch). On nous parle d'influences rares : Stooges, Ramones, et surtout AC/DC et Led Zeppelin. On nous parle d'un bûcheron derrière les fûts (là ils nous sortent leur spécial !).  On nous montre une pochette sauce 70s. On nous montre des types habillés à la mode beauf des 70s. On nous montre des bouteilles de bière casées dans le studio, des clips, des making of en veux-tu en voilà. Bref, on nous vend un produit commercial présenté sur un plateau argenté de dithyrambes effusives, et ce n'est pas tout. On a le droit à un beau site en Flash avec tout plein de trucs de promis pour frimer à la récré.
Inutile de le préciser, voici réunis tous les ingrédients de la daube commerciale, soupe innommable destinée aux jeunes détenteurs de iPod, marketing colossal comparé à leur somme de talent ; imaginez le dispositif qui se cache derrière, pour qu'en quelques temps, ils passent d'une première partie à la vente du single OST d'un film nazebroque. Les thunes pour la réalisation de l'enregistrement, la pochette, le merchandising, jusqu'au concours Elderberries. A croire que bientôt on pourra coller des vignettes sur le frigo des parents : cinq membres à collectionner plus un sticker collector, le nom du groupe qui brille et tout le tralala. Trop tendance.
Car il faut bien le comprendre, ce dont on ne parle pas, c'est l'inexistence absolue d'originalité. L'absence de tout talent remarquable mais un style dénué de rage, pas même d'implication, juste de l'horrible image stéréotypée du rock qu'ont nos parents et certains conservateurs. Ce dont on ne nous parle pas, c'est le plagiat honteux du groupe de Bon Scott, les riffs vieux de trente piges pour un groupe qui se veut jeune, et surtout la portée de leur message qui n'a d'autre effet que de redessiner les contours d'une caricature scandaleuse du rock.

Comment alors accepter une telle condescendence du milieu ? Ce n'est pas en parachutant une phrase (« Ces cinq gamins cherchent d'abord à s'amuser et à jouer ») comme une goutte d'huile dans un torrent d'éloges que l'on peut crédibiliser une telle approche marketing ! Pourtant, force est de constater que le groupe est un véritable moteur à piston. Album du mois sur Rock Mag, critique quasi-arbitraire sur les Inrocks, j'en passe et des meilleures. On propulse les premiers venus en tête des charts dans une hypocrisie sans nom. C'est exactement la même chose que d'être chroniqueur radio et aimer les Kissinmas parce qu'on a la chance de connaître le claviériste. C'est bidon, chiqué, et ça va pas leur empêcher de s'engraisser. Nothing Ventured, but Something Gained.

Futile, caricatural et niais : c'est sûr avec cet album, les Elderberries font pas les choses à moitié.

Note générale : 05/20

*** Si vous aimez, essayez... ***

... de changer de registre.

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11 mars 2007

The Stooges – The Weirdness

weirdnessIl ne faut pas chercher bien loin pour comprendre que les années 2000, en particulier ces trois dernières années, nous pondent une collection immense de rééditions avec maints bonus, moults reformations inattendues et pléthores de compilations de hits poussiéreux depuis longtemps perdus. Le retour du label Stax, des groupes comme Genesis ou The Police, la sortie des NYA... Forcément, dans ce cadre-ci, apprendre que les Stooges se sont reformés n'étonne presque personne, même s'il est vrai qu'on aurait bien envie de voir ce groupe mythique évoluer sur scène. Par contre, la sortie d'un album de leur part était quelque chose d'inespéré, une grande nouvelle ! Surtout lorsque l'on s'attarde sur l'affiche : Mike Watt prendrait la basse et Steve Albini produirait cet album, presque 40 ans après le premier opus éponyme des bouffons de Détroit. O joie ! Fuck fuck fuck !

O désillusion ! Malheur, on savait qu'Iggy Pop ne nous faisait plus vraiment rêver, qu'il était capable du pire comme du meilleur, mais sur ce coup c'est du beau gâchis. The Weirdness est d'une platitude violente. C'est bien simple, on croit que tout le monde est à l'ouest. D'abord, Albini semble avoir oublié sa façon d'enregistrer, comme si Rapeman et Big Black n'avaient jamais existé. Ensuite, Mike Watt paraît complètement absent, lui qui aurait pu apporter beaucoup à la musique ; aurait-il mieux valu quelques reprises de vieux tubes pour l'entendre manipuler son instrument avec la fureur de ses concerts ? Car l'esprit des Minutemen n'y est pas.
Finalement, Iggy a peut-être voulu mener la barque, montrer que c'est encore lui le patron. Toujours est-il qu'il n'y a ici absolument rien d'exceptionnel ; bon, rien de bien mauvais non plus, c'est même sa meilleure création depuis quelques temps. Malgré cela, les morceaux s'enchaînent et ne convainquent pas. Les fans sont à coup sûr déçus, incrédules, malgré quelques bons moments passés avec Freek and Freaky ou Idea of Fun, éparpillés çà et là dans une petite quarantaine de minutes passées à se ronger les ongles en se demandant où est passée la rage ancestrale de ces précurseurs du punk.


Il semblerait qu'elle se soit en fait évaporée avec les dollars de ces bons vieux rockers, auteurs de cet album de la retraite, parodie usée de leurs premiers hauts faits. On ne retiendra pas grand chose de cette réapparition de 2007, pâle reflet d'un groupe mythique. On préfèrera considérer ça comme un coup marketing dans l'ère du temps, certes délectable en live mais pas en studio, et s'en aller chercher un bon groupe punk. Et tant qu'à faire pourquoi pas des vieux toujours au sommet de leur art. Pourquoi pas taper dans le répertoire des NoMeansNo plutôt que de s'attarder davantage sur les restes d'une bestialité fânée qui plaira surtout aux émos, hypes et autres utilisateurs de myspace en manque de crédibilité.

The Weirdness aurait peut-être du s'appeler The Weakness... dommage.

Note générale : 10/20

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The Stooges - The Stooges
The Stooges - Fun House
NoMeansNo - All Roads Lead To Ausfhart

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02 novembre 2006

Bastard Fairies - Memento Mori

bastardfairiesBon, ok, celle-là, je vais la faire vite : mon frangin m'a proposé d'écouter ça tout à l'heure, sans savoir ce que ça valait. Ce n'est pas que je sois dans une mauvaise passe, mais voilà un nouveau groupe branchouille qui me fait saigner les oreilles tout autant que les yeux. Bastard Fairies, c'est juste un nouveau groupe qui n'offre rien de nouveau et qui commence à faire parler de lui en se plaçant dans la rame du "rock indé". Du coup je me suis dit qu'une petite chronique pourrait être bienvenue. Non ?

Pour être bref, clair, précis mais concis, Bastard Fairies (décidément la référence au manga érotique est à la mode), c'est de la pop venue des USA, apparemment dressée sur les épaules d'un icône féminine aux couleurs émo inscrit dans une esthétique arty qui ne sauve rien - un tel déballage de moyens peut-il sauver quelque chose ? Le groupe dont voici la page myspace essaie donc de percer en proposant de télécharger l'album (mp3 et artwork compris) pour pas plus que... pas un rond. Si vous ne regardez pas le film avec les Beatles ce soir sur Arte et que vous avez aimé la démarche des Arctic Monkeys, vous pouvez toujours gaspiller un peu de temps à défaut d'argent sur ce premier album dont le seul mérite est d'être gratuit.

Trop classique et rabaché, à découvrir d'urgence pour les fans de brit pop. Pour les autres : aucun intérêt.


Note générale : 6/20

*** Si vous aimez, essayez... ***

Arctic Monkeys - Whatever People Say I Am, That's What I'm Not
Maximo Park - I Want You To Stay

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31 octobre 2006

Flying Pooh - Viva San Antonio

flying_poohsyEn ce soir d’Hallowe’en, fête mercantiliste qui pourrait ruiner la gente adulte tout autant que la population espagnole du XVII°, je m’étais mis en tête de faire une chronique d’un album plutôt sympa et à tendance spooky. Ou alors parler d’un groupe méconnu en costume de bonbec qui éclaterait des œufs en tapant sur des têtes de citrouilles. A défaut de cette découverte, la raison fut plus forte que la passion, et ma passion fut quant à elle trahie plus que de raison, quand je me suis retrouvé à écouter le second album d’un groupe français que j’aimais bien : Flying Pooh. 

Autant le dire de suite, je suis fortement désappointé. Merde, après la bonne fessée de leur album de 2005, j’attendais du combo parisien un certain niveau sur celui de 1999, avec une bonne dose de folie, un autre craque-et-sniffe vas-y que c’est du tout bon même si on pompe Mr Bungle en fanfare. Un truc qui balance la sauce, yap yap yap. Eh ben râpé, de long en large jusqu’en travers. Mais resituons le groupe avant de lui tailler un costar. 

Avant Viva San Antonio, j’avais écouté du groupe de Paname le nouvel album Spanking Day, qui s’avéra être une véritable bonne surprise : même si l’empreinte de Patton est plus que présente dans le groupe (ne le niez pas, les gars !), c’était quelque chose de plutôt bon, un skeud qui valait bien la peine de dépenser quelques quinze euros parce qu’on aimerait connaître plus de groupes comme celui-là en France. Des types barrés, qui en live sont plus qu’impressionnants. Un bilan ressortait quand même : apparemment la fusion élégante de styles est à la mode. Plus précisément avec un côté déjanté du côté du rock dit « alternatif ». Le pompage de la manne Patton est souvent grossier et malvenu. De toute évidence les oursons volants avaient su se démarquer un peu pour ne pas sombrer dans la facilité du plagiat désavoué, se laissant une certaine originalité qui prenait une bonne ampleur en concert. Leurs influences s’avèrent même plus larges.
Stephane Kraemer - celui qu’on cramerait bien d’ailleurs pour avoir enregistré du Pleymo - a mixé cet album placé sous le signe du « cartoon core ». Bon déjà moi ça me fait rire, cette appellation anti new-metal, le nombre de groupes désireux de défaire les clichés du métal étant plus nombreux que ceux qui sont à fond dans l’antéchristologie. Ensuite, je pense que j’aurais évité à tout prix de dépenser quinze boules pour un album qui aurait suivi ce Viva San Antonio. Les digressions humoristiques n’y feront rien, je trouve l'ensemble foutrement mou, une prestation sans personnalité. Les titres s’enchaînent et on se sent vraiment faire partie de l’élite du lycée, celle qui écoute du Gojira sans prendre la peine d’aller plus loin. 

J’ouvre maintenant une vraie parenthèse. A Clermont-Ferrand, cité noire du pneumatique, celle qui héberge un tram continuellement en essai et dont l’héritage se pèse en tripoux, existe un similari de Mr Bungle si évident qu’on le considérerait éhonté sans avoir pris connaissance de leurs prestations live : je parle de Kunamaka. Dans ce groupe, presque TOUT est copié sur le premier groupe du patron d’Ipecac. Seulement, leurs concerts sont à chaque fois de bons moments très marrants à passer, avec de la bonne musique et de bons musiciens sans prétention. Je me souviens d’une excellente reprise de Let It Be en « portugais » (le fabuleux Let It Biche), de l’ananas déguisée avec une lunette de soleil pour représenter AC/DC, bref, du bonheur d’un bon concert, d’autant plus qu'il était gratuit. 

Alors comme pour Kunamaka, Flying Pooh doit être un groupe qui s’écoute sur les planches, dans un contexte intimiste. Si une date s’annonce, pourquoi pas tenter l’expérience ! En revanche, n’achetez sous aucun prétexte cet album sans punch, fortement décevant.  Si certains trouvent ce groupe très agréable, je suis bien d'accord. Mais cet album ne vaut pas vraiment son pesant d'or et manque de maturité à mon goût.

A éviter.


Note générale : 8/20

*** Si vous aimez, essayez... ***

Mr Bungle - California
Flying Pooh - Spanking Day

Posté par Bonzofever à 20:49 - Coups de boule - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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